Florence CASSEZ libérée au Mexique, n’oublions pas Thierry ATANGANA au Cameroun

thierry atangana

Correspondance de Joël Didier Engo/La joie immense que nous procure la libération de Florence CASSEZ Mexique, ne devrait pas nous faire oublier ceux de nos compatriotes et nos proches parents qui croupissent arbitrairement depuis des années dans les prisons mouroirs du dictateur Paul BIYA au Cameroun.

La douleur qui a parcouru nos corps toutes ces années à l’idée qu’une jeune Française âgée d’une trentaine d’années, Florence CASSEZ, aurait pu passer 60 années dans une prison mexicaine pour des faits qu’elle n’a pas commis ; est exactement la même que ressentent certains d’entre-nous (proches parents, amis, avocats) devant l’acharnement du dictateur Paul BIYA et le mutisme observé officiellement par la France depuis plus de 15 ans, devant la lente et minutieuse descente aux enfers d’un autre jeune français Thierry Michel ATANGANA ABEGA séquestré (alors âgé de 30 ans) dans les sous-sols des services de renseignement camerounais, sous le prétexte fallacieux de complicité de détournement de deniers publics, sous-jacent à une véritable épuration politique.

Thierry Michel ATANGANA ABEGA un Français, dont la France, refuse obstinément de revendiquer la libération, face à l’acharnement machiavélique d’un dictateur, Paul BIYA

Financier de formation, naturalisé français par déclaration souscrite le 1er décembre 1984 devant le Juge du Tribunal d’Instance du Quatorzième arrondissement de Paris où il résidait au numéro 37 de la rue des Thermopyles, Thierry Michel ATANGANA ABEGA se voit d’abord confier la restructuration de la dette de certaines multinationales (NESTLÉ, PHILIPS…) dont les créances sont en souffrance dans les pays africains (par exemple de l’ordre de 40 milliards de FCFA au Cameroun).

Devenu spécialiste de cette zone géographique, il est affecté comme cadre représentant du Groupe LEFEBVE au Cameroun. Dans son pays natal, il sera à la tête du Comité paritaire de pilotage et de suivi des Projets de Construction des axes routiers. Il y fera alors la connaissance des officiels camerounais, notamment des Secrétaires Généraux successifs de la Présidence de la République (sorte de Vice-présidents ou Présidents bis du Cameroun), jusqu’à la nomination à ce poste sensible de l’ancien médecin personnel du Président Paul BIYA, le Professeur Titus EDZOA, qui occupait jusque-là la fonction de Directeur au Cabinet Civil du Président de la République.

Thierry Michel ATANGANA ABEGA devient ainsi, malgré lui, un membre du sérail camerounais, détenteur néanmoins d’un titre de séjour délivré par le Cameroun qui court jusqu’en 2014. Cela n’empêchera pas, dans un pays qui ne reconnaît pourtant pas la double nationalité, qu’il en soit promu Chargé de Mission à la Présidence de la République, cumulativement à la Présidence du Comité de pilotage et de suivi des projets de construction des axes routiers (placé sous la tutelle directe du Secrétariat général de la Présidence de la République).

Emporté à jamais par l’Affaire dite Titus EDZOA au Cameroun, un « rouleau compresseur » incompressible

Le rêve d’un retour au Cameroun de Thierry Michel ATANGANA ABEGA va virer définitivement au cauchemar le jour où le Professeur Titus EDZOA, anciennement secrétaire général à la Présidence de la République, démissionne avec fracas du Gouvernement le 20 avril 1997 (fait rarissime au Cameroun), et se déclare immédiatement candidat aux élections présidentielles d’octobre de la même année. Associé par le régime dictatorial de Paul BIYA au candidat démissionnaire, Thierry Michel ATANGANA ABEGA partage aussitôt sa descente aux enfers, qui dure depuis cette date.

Les peines carcérales de Thierry Michel ATANGANA ABEGA et de son compagnon d’infortune le Professeur Titus EDZOA vont alors s’enchaîner à mesure que Paul BIYA va se cramponner à la Présidence de la République du Cameroun. Au point où aujourd’hui, personne n’est en mesure de déterminer avec exactitude la nature des différentes accusations, puis des condamnations, qui les accablent et justifieraient encore leur séquestration. Mais il n’empêche, celle-ci s’est si bien ancrée dans l’inconscient collectif des camerounais, qu’elle participe presque dans la prévalence d’une culture tyrannique du sacrifice humain. Thierry Michel ATANGANA ABEGA et Titus EDZOA peuvent ainsi s’éteindre dans le silence des cellules de fortune du secrétariat d’État à la défense (Sed), au mépris des règles élémentaires d’Humanité, sans que cela ne suscite la moindre réaction d’indignation officielle, ni au Cameroun, ni en France.

Fidèle à son habitude, la France officielle ne voit pas, et n’en dit mot…sur « le Cameroun de Paul BIYA » Les ambassadeurs de France se succèdent à Yaoundé, les dirigeants et émissaires français se bousculent auprès du dictateur Paul BIYA (pas des moindres, de Droite comme de Gauche !) sans que jamais Thierry Michel ATANGANA ABEGA ne devienne un sujet de préoccupation. Car comme le voudrait une vieille tradition franco-africaine, tout prisonnier politique au Cameroun est nécessairement un prisonnier de droit commun ; comme tout ressortissant français d’origine camerounaise embastillé par le régime dictatorial de Paul BIYA… serait d’abord sinon uniquement un ‘ Homme Africain ’, un Camerounais… avant d’être un Français.

Pourtant rien n’exclut qu’il puisse, lui aussi, avoir fait l’objet d’un ‘déni de justice’… et de traitements inhumains inacceptables pour la France.

Joël Didier Engo

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