Kinshasa, star des écrans

par Valérie Marin la Meslée et Le Point.

kinshasakids

Histoire de gamins des rues qui montent un groupe de rap, « Kinshasa kids » prouve une fois encore l’attrait exercé par la capitale de RDC sur les cinéastes. Est-ce  parce  qu’elle  est  à  la  fois  misère,  violence  mais  aussi  énergie  créative  que Kinshasa fascine tant les cinéastes ? Après Staff Benda Bilili et Kinshasa Symphony arrive sur nos  écrans Kinshasa kids du Belge Marc-Henri Wajnberg, un film à mi-chemin entre le documentaire sur la condition des enfants de la rue et la fiction (comment ces enfants en viennent à monter un groupe de rap).

Kinshasa  ne  fait  que  rattraper  le  temps  perdu,  ces  années  Mobutu  où  il  n’était  pas évident  de  sortir  une  caméra »,  analyse  le  producteur  et  comédien  Riva  Kalimazi,  qui incarne  le  rôle  d’un  manager  dans  Kinshasa  kids.  « Et  même  ensuite,  pour  tourner  une pub, on sentait cette peur de ne montrer que le mauvais côté de la capitale. Alors qu’elle a  un  hyperdynamisme  extraordinaire.  On  le  voyait  à  travers  ses  artistes,  la  musique, mais jamais en images. »  Puis  vint  La  vie  est  belle,  le  film  de  Ngangura,  en  1987,  qui  marque  le  cinéma  d’auteur congolais. Riva Kalimazi jouait déjà dans ce long-métrage, avant de centrer ses activités dans  une  agence  qu’il  codirige  pour  répondre  aux  demandes  techniques  (casting,  etc.) dans le domaine de l’audiovisuel. « Il ne s’est  pas passé grand-chose  ensuite, jusqu’à ce que  Viva  Riva  de  Djo  Munga  vienne  libérer  les  images  sur  la  ville.

Alors,  les  long-métrages de sont enchaînés, même dans des conditions difficiles. »   L’expérience  de  Kinshasa  kids  dit  bien  à  quel  point  la  ville  elle-même  joue  le  rôle  de muse  puisque  Wajnberg  y  a  cherché  ses  histoires  sans  scénario  préétabli.  Jusqu’à  sa rencontre avec les enfants des rues qui sont devenus les héros de son film. « Des jeunes qui  travaillent  à  l’agence  ont  fait  un  casting  sauvage  dans  les  rues  de  Kin  et  nous  ont ramené presque 300 enfants.  Il en est resté  huit, les plus vifs. Ils se sont tout de suite adaptés  au  tournage.  La  vie  pour  eux,  c’est  tellement  dur,  ils voulaient  jouer  comme Rambo !

Après  l’aventure  sous  les  projecteurs,  que  sont-ils  devenus?  « Deux  seulement  sont scolarisés, alors que l’objectif était celui-là. Mais quand l’un vous dit qui va s’occuper de ma mère si je vais à l’école ? on ne peut rien lui rétorquer… » Seule fille de la bande des Kinshasa kids, Rachel Mwanza a, elle, été repérée par le cinéaste canadien Kim Nguyen, à la recherche de comédiens pour jouer des enfants soldats dans Rebel. Depuis, la fillette des rues de Kin a reçu l’ours d’interprétation à Berlin.

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