Sur le bloc-notes d’un Correspondant permanent

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Correspondant permanent. Je recueille des informations dans un secteur géographique donné, la Suisse, pour les transmettre à la rédaction du journal à Paris. Avant la remise de ma copie et sa parution dans les colonnes du journal, sous la rubrique Billet de Suisse, que d’échos et de réflexions personnelles qui ne sont jamais publiés. D’avance, excusez-moi de vous en abreuver, sinon bonne lecture.

Pour écrire ce bloc-notes, nul besoin de se plier aux recherches approfondies. L’expérience dans la maison et l’observation de la croissance du journal suffisent pour bâtir mon fil conducteur. Ce papier s’inspire de l’ordinaire livraison à laquelle j’ai habitué les lectrices et les lecteurs de la page Lettre de Suisse devenue depuis peu, Billet de Suisse du magazine AMINA. J’ai pensé qu’il était profitable, à l’occasion des 40 ans du journal, le bel âge ! d’imaginer les traits essentiels ou d’autres choses dignes d’intérêt de la vie de ce journal, vus par un correspondant permanent que je suis.

Moi aussi, je lis ce magazine. A travers les rubriques qu’il concocte autour des thèmes divers: problèmes de société, livres, santé, bonnes feuilles et portraits, pour ne citer que mes préférences. A chaque parution, je me précipite sur les différentes pages pour rester informé de ce qu’ont écrit les autres correspondant(e)s du journal. Ma rencontre avec AMINA s’est construite sans difficultés. Décembre 1992. J’obtiens du Directeur de la publication le feu vert pour animer les pages suisses. Une légitimité pour ne pas exercer la profession par effraction. L’idée de collaborer au journal me trottait dans la tête depuis quelques temps au vu des nombreuses activités des femmes d’Afrique et des Antilles de Suisse qui n’étaient pas couvertes par les médias locaux. Je suis responsable du choix de mes papiers. Il arrive que la direction du journal porte un intérêt sur un sujet et me propose de le traiter. Je suis suffisamment équipé pour faire le job. Un lieu de travail assez équipé. Un appareil photo numérique pour capturer des moments de la vie africaine ou antillaise de Suisse. Un ordinateur portable, un magnétophone, pleins de cahiers pour la prise de notes et un carnet d’adresses à étoffer. J’avais juré d’apposer ma signature dans chaque numéro du journal. Pari tenu dans tous les numéros auxquels j’ai contribué. J’ai oublié. Il faut avoir du temps – beaucoup de temps – pour lire et écrire. Il faut en permanence un esprit inventif. J’étais suffisamment préparé pour faire partie de l’équipe de ce journal pas comme les autres, qui ne serait pas ce qu’il est devenu sans ses lectrices et ses lecteurs. Leur fidélité continue d’assurer le rythme de la parution du magazine. Une publication mensuelle qui ne serait pas devenue ce qu’elle est aujourd’hui sans celles et ceux que la vie destine à être au premier plan dans ses colonnes, ses invité(e)s. Pour mieux nous comprendre, je me suis fixé, comme sujet de ce bloc-notes, mon travail d’interview, genre journalistique largement privilégié par le magazine, en dehors des portraits et des reportages.

Au passage, l’autre jour, une lectrice avisée me faisait savoir que le choix du terme Amina était une façon d’honorer la beauté de la femme noire. Ainsi soit-il ! Finalement, qui dit vrai ? Je ne m’attarderais pas à cette « querelle » des termes, étant donné le peu d’espace qui m’est donné par la rédaction à Paris. Amina. Un terme dont d’aucuns connaissent le sens ethniquement connoté ou le sens symbolique. Un terme aux définitions multiples sans lien apparent. Historiquement, il s’agit d’un prénom formé à partir du terme amin qui signifie « digne de confiance ». Autrement dit « personne de confiance » ou « de paix et de confiance. » Dans ma langue d’origine, le swahili, Amina veut dire « Ainsi soit-il » . En fait, il n’y a rien de commun entre Amina, nom aux origines arabes et Amina, terme utilisé à d’autres fins. Il n’y a rien de commun entre Amina, le court-métrage de Yuval Shimoni qui a marqué les cinéphiles israéliens en 2003, à travers l’histoire d’un enfant atteint de dyslexie, venu d’un milieu qui n’en a jamais entendu parlé et Amina, le film de Gaye Ramaka Joseph sortie en janvier 1997. Il n’y a rien de commun entre « ainsi soit-il » ces mots à la fois swahili et prononcés dans la maison de Dieu et Amina traduisant la sagesse; entre Amina la chanteuse et comédienne née à Carthage en Tunisie d’un père français et d’une mère tunisienne et Amina, la condamnée à la lapidation pour adultère en mars 2002 au Nigeria. Il n’y a rien de commun entre le Workshop annuel qu’organise le Laboratoire de Biophysique, Faculté de Médecine de Monastir en Tunisie sur les Applications Médicales de l’Intelligence Neuro-Artificielle, en sigle AMINA et l’association AMINA (Attractive Managers In Nantes Association) de l’Université de Nantes. Il n’y a rien de commun entre Amina de la Star Academy et AMINA le magazine de la femme et ainsi de suite. Je pourrais continuer cette énumération sur des longues lignes encore, le moteur de recherche Google m’en donnant la possibilité.

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Des nombreuses personnes ont fait le choix soit de porter ce mot comme patronyme soit de s’en servir pour passer un message. Pas égocentrique le journal qui l’a choisi pour son appellation. Décidément, il n’y a pas un sens commun du terme Amina. Je sollicite toujours mon imagination pour chercher le vrai sens accolé à notre AMINA, le journal. Mieux, l’instrument qui visualise des phénomènes de société et permet leur observation, leur analyse ou leur interprétation. Longtemps, j’ai cherché la vraie signification du mot Amina accolé au titre du journal; j’ai essayé de la deviner pour mieux la définir. Jusqu’ici, je n’ai rien trouvé. Je garde un faible à cette définition découlant du mot swahili : ainsi soit-il. Une formule terminant une prière. Une formule subjective quand bien même le terme signifierait autre chose dans l’esprit du fondateur du journal.

  

Oui, je parle bel et bien du plus populaire d’entre les Amina. Du journal qui en est aujourd’hui à sa 40e année. Du principal magazine féminin destiné essentiellement ou du moins principalement aux Africaines et aux Antillaises habitant aussi bien dans leurs pays d’origine qu’en dehors de ceux-ci. Celles qui s’adaptent à l’humeur ambiante du journal. Partout où la langue de Voltaire est d’usage : France, Suisse, Belgique, Luxembourg, Canada. Partout où il y a une forte communauté francophone, africaine et antillaise : Allemagne, Italie, Hollande, Australie, Grande-Bretagne, etc. En achetant les milliers d’exemplaires versés sur le marché chaque mois, les lectrices et les lecteurs du journal l’ont fait figurer en haut de tableau au palmarès de vente de magazines féminins. Elles n’ont de cesse de mesurer le degré de triomphe de AMINA. En face, le lancement d’autres magazine d’information sur la femme africaine ou antillaise qui n’a jamais sapé la position de leur journal préféré. Que ce soit des publications existantes ou celles qui ne sont pas allées plus loin. Bien au contraire. La bonne santé de la publication continue à susciter des nouvelles ambitions dans la classe des créateurs des journaux. La diversité des titres est intéressante. Preuve qu’il y a une vraie demande d’information et de prise en compte des sujets propres aux femmes. Cette diversité apporte une différence en terme de contenu. Elle donne une perception multiple des femmes africaines et antillaises. Elle permet la prise de parole par une communauté largement et sciemment oubliée des médias traditionnels En dépit de la concurrence, AMINA évolue avec le même aplomb. Il va jusqu’à souhaiter, dans ses colonnes, bienvenue aux jeunes titres, qu’ils soient plus “glamour » ou pas. Difficile de faire mieux quand on est l’aîné. La venue d’autres titres sur le marché motive le journal AMINA à s’améliorer. Dans les domaines publicitaire et technique, principalement au niveau de sa fabrication, de sa diffusion et/ou distribution. Il fait montre de sa capacité à innover sur le plan rédactionnel. On ne parle plus des slogans volontaristes et féministes, mais de l’esprit d’ouverture. On ne disserte plus sur les différences entre femmes et hommes (faux problème!), mais sur le rapport entre femmes et hommes (asymétrique). Les slogans sur la contraception, c’est du passé. Aujourd’hui, on parle de la prévoyance par l’utilisation du préservatif. En définitive, les débats qui ont fait le lit de la presse magazine féminine il y a une quarantaine d’années font place à une démarche actuelle. Une démarche inscrite dans l’évolution de la société. Une démarche à la fois miroir de la perception de la condition de la femme et reflet des changements intervenus dans l’appréhension des réalités immédiates.

 

Le traditionnel conseil que livre toute école de journalisme pour la conduite d’une interview écrite insiste sur beaucoup des points. Parmi ceux-ci, il y a la ponctualité, la présentation, les premières minutes (aspect physique du journaliste et mise en confiance de l’interviewé) et la prise de notes avant sa rédaction. Un des aspects de cette conduite réside au fait que le journaliste doit non seulement rappeler son nom à l’interlocuteur, mais également préciser le titre de sa publication. Connaissez-vous le journal AMINA ? ai-je l’habitude de demander à mes invité(e)s. En dix-sept  ans de collaboration, cette question a trouvé le même écho: -Ah, qui ne connaît pas AMINA ? Vous n’imaginez pas la fierté que j’en éprouve, celle de savoir son journal suffisamment connu, vu et lu aux quatre coins du monde. J’ai essayé de trouver dans mon agenda un(e) invité(e) qui n’avait jamais lu AMINA, en vain. A quelques exceptions près, des Européens qui le confondaient au journal animalier ANIMA. Je ne suis pas fâché de ce soudain « accident » de perception. A chacune, à chacun ses habitudes de lecture. Certes, AMINA ne fait pas que l’unanimité quant à sa ligne éditoriale. Il en irrite certains. Il en ulcère plus d’un, qui ne sont pas d’accord avec la rubrique « Cherche correspondant » parce qu’ils y décèlent la recherche des partenaires à la conduite libertine (sic). Combien de fois n’ai-je pas entendu cet enchaînement d’autres questions pendant ou après mes interviews : »pourquoi vous n’accordez pas plus d’espace aux croquis tailleurs ?; pourquoi vous ne critiquez jamais les régimes africains dictatoriaux? ; pourquoi certaines rubriques, à l’instar de « J’aime j’aime pas » et certaines signatures des correspondants disparaissent, de vos colonnes, du jour au lendemain ?; des sujets sur les désastres que connaît l’Afrique ne sont jamais évoqués dans votre journal ? Je croyais que vous étiez une femme : pourquoi un homme travaille-t-il pour AMINA » ? Des « pourquoi » à n’en pas finir.

 

Un journal critiquable et ouvert. Un homme -des hommes- dans un journal destiné aux femmes ! Je prends toujours la peine de rétorquer ceci que l’information et la profession de journaliste sont asexuées. Preuve que des femmes travaillent dans des publications entièrement consacrées aux hommes. Travailler pour AMINA est un état d’esprit. Sur les questions liées à la vie des femmes et à l’évolution du monde. Après tout, une rédaction n’a-t-elle pas une vie ? Elle évolue au même titre que la société. Elle prend acte de la réalité du marché tout en plaçant la femme au centre de sa démarche. Non seulement elle améliore son contenu et sa maquette, mais également, elle répond aux pratiques de lecture des femmes qui cherchent des publications thématiques en fonction de leurs centres d’intérêt. Pour revenir à la question d’articulation du journal avec « les kleptocrates africains ». 

AMINA ne porte ni le maillot d’une opposition déclarée, ni celui de militant politique. Une ligne politique existe. Elle se définit par rapport aux propos de ses invitées. Oui, ne pas parler en termes directs des dictateurs africains est un choix opéré par la rédaction du journal. Le rôle du journal n’est pas de sonner l’hallali contre tel ou tel fou de pouvoir et moins encore, de vénérer ou de soutenir un régime politique. Le rôle d’AMINA n’est pas de prendre position, de parler de tel ou tel pays où la torture et les embastillements continuent de faire la loi, et moins encore d’orienter ses lectrices et lecteurs vers une idéologie politique de gauche, de droite ou de centre. Cela ne veut pas dire que le journal passe sous silence les problèmes qu’engendre la pratique dictatoriale dans certaines contrées africaines. Bien au contraire. Une observation attentive et patiente de la réalité prouve qu’AMINA aborde bel et bien des questions politiques. Non pas en dénonçant -par sa propre opinion- la malfaisance de la dictature, mais en donnant la parole à la base; en donnant la parole à celles et ceux qui subissent cette dictature; en faisant la part belle aux immenses difficultés que connaît la classe des mécontent(e)s.

 

C’est un acte politique. AMINA ne prend pas de position politique. Un journal apolitique, donc sans tendance politique ? Ce n’est pas un rôle qui lui est spécifiquement dévolu. Comment donc s’y retrouver ? C’est là le paradoxe AMINA. Si l’on se réfère à la définition du petit Robert. Apolitique: « qui n’affiche aucune opinion politique, se tient en dehors de la lutte sociale ». Or donc, la lutte sociale compte parmi les préoccupations d’AMINA. Un magazine de la femme touchant à l’actualité politique ? Oui. Le journal démonte la dictature à sa manière en faisant prendre conscience des injustices existantes. C’est un acte politique que de faire parler des femmes emprisonnées ou excisées de force; des femmes exploitées en terme de travail, d’inégalité ou de disparité. C’est un acte politique que de donner la parole aux femmes confrontées au harcèlement sexuel et au déracinement ; aux femmes fragiles parmi la classe des déplacées des guerres. C’est un acte politique lorsque ce journal dénonce la situation des femmes face aux violences de toutes sortes, au racisme, à la discrimination. En effet, les femmes que nous avons suivies et qui se sont confiées à notre journal se sont toutes situées dans les dimensions de l’interview, à savoir leur vécu, leur commentaire avec jugement et leur explication. Elles n’ont jamais été l’objet de censure. Dans n’importe quel cas de figure d’une interview. Ce que les lectrices attendent d’elles (ou d’eux) c’est une accumulation des faits, puisqu’elles en ont été actrices; c’est leur témoignage qui apporte une vision directe des faits, puisqu’elles ont été témoins de quelques cas d’esclavage moderne qui prennent des proportions terrifiantes, de la précarité, de la maladie; c’est l’expression d’une opinion tranchée, puisqu’elles savent apporter un jugement sur une question d’actualité

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De la proximité à la source d’informations Les femmes interviewées dans les colonnes du journal ne font pas qu’expliquer des sujets complexes. Ce ne sont pas que des femmes d’affaires qui dirigent des entreprises, des expertes, des médecins qui font connaître leur courroux face au sexe du salaire (inégalités des salaires). Ce ne sont pas que des avocats qui défendent la cause des plus fragiles. Ce ne sont pas que les femmes qui ont une place parmi les élites sociales, politiques et économiques dans leurs pays. On compte parmi elles des personnes considérées comme un sujet en soi : celles qui bercent, celles qui habillent, celles qui accouchent, celles qui maternent, celles qui vendent des légumes au marché du coin à Yaoundé, à Kinshasa, à Ouagadougou, aux Caraïbes. Les destinées de ces femmes font l’existence du journal. En effet, dans les colonnes du magazine, il y a de la place pour les cadres, les coiffeuses, les vedettes du show-business, du sport, de la mode, les artistes, les femmes politiques, les femmes responsables d’associations et celles qui écrivent des livres. La force du journal réside dans le fait qu’il entretient des rapports de proximité avec ses lectrices. Il donne la parole aux témoignages de femmes, à travers leurs multiples facettes: les unes extraordinaires par leurs fonctions ou leur notoriété et les autres ordinaires par ce qu’elles vivent le plus simplement du monde. Il s’agit de développer des profils de personnage qui correspondent à la logique éditoriale du journal en accord avec les attentes des lectrices. C’est dans cet ordre d’idées que la journal se défait de la mécanique de l’information qui consiste à faire du suivisme, à rapporter ce que tous les autres médias ont déjà écrit. Au-delà de cette proximité, le journal est une source inépuisable du réseautage. Son fondateur et ancien directeur n’a cessé de le répéter à chaque occasion d’interview. « Dès qu’une femme fait quelque chose d’intelligent dans un pays, ça se sait dans les autres pays. Les femmes se désenclavent. En publiant leurs coordonnées, nous les mettons en contact, cela créé des réseaux de communication ». Et d’action ! Dieu seul sait combien ce réseautage permet la réalisation de quelques projets (écoles, hôpitaux, puits) là où des États semblent avoir démissionné. Du fait de sa constance et de sa renommée dans sa diffusion.

AMINA est lu partout dans le monde, aussi bien dans les milieux urbains, ruraux, parmi la classe des personnes non élitistes que dans des espaces scolaires et universitaires francophones. A propos, en 1996 , le magazine AMINA octroyait au site « Lire les femmes écrivains et la littérature africaine francophone » le droit de republier sur le web ses interviews littéraires. Toutes les romancières africaines connues du groupe de recherche travaillant à UWA participent à ce projet littéraire. Il s’agit du survol de leurs textes écrits en français et regroupés sous le titre Interviews d’Amina : qu’on peut lire sur : www.arts.uwa.edu.au/AFLIT/FEMEChome.html. Dans le même ordre d’idées, il existe les pages dites Mots pluriels qui reproduisent les Nouvelles éditées dans les colonnes du magazine AMINA, sous la direction de Guy Ossito Midiohouan, Vincent Engel et Michel Guissard de l’Université Nationale du Bénin, de l’ Université Catholique de Louvain et du Centre d’Études de la Nouvelle. On les retrouve sur www.arts.uwa.edu.au/MotsPluriels.

 

Éviter des pièges. On ne peut pas comprendre la réussite d’AMINA sans tenir compte de la personnalité de son fondateur et éditeur; sans tenir compte de l’histoire, de l’expérience et des qualités des femmes et hommes qui travaillent pour assurer sa continuité. On ne peut pas comprendre cette réussite sans tenir compte de la vigilance dont font montre ses collaborateurs dans certaines situations inattendues. En quelques années de travail, il m’est arrivé cinq ou six fois d’être invité et d’éviter de parler des projets…qui n’existaient pas ou des informations parasites qui se fondaient sur la nécessité qu’avaient leur « inventeur » de figurer, tout simplement, sur une page du journal AMINA. Il m’arrive (mais rarement) de faire un long trajet pour aller recueillir une interview et qu’une fois à destination, mon hôte ne soit pas au rendez-vous. Il m’est arrivé d’être l’objet de sollicitations pour raconter ou rapporter des rumeurs nuisibles. Je m’en sors toujours, parce que j’arrive à trier entre le vrai et le faux. C’est cela reprendre la main avant ou après une interview: la règle de conservation de l’initiative (par expérience). Finalement, c’est par rapport à des faits observables qu’un journaliste peut mieux informer son lectorat. L’avantage avec ce mensuel réside dans le fait que je peux prendre du recul; je peux interpréter des propos recueillis; j’ai la possibilité de recouper des informations, de les vérifier voire de rassembler des preuves avant de composer ma copie. Autre cas de figure, j’essaie de ne pas tomber dans la connivence avec la source. Autrement dit, je garde une distance respectueuse avec des « amis » qui souhaitent un papier dans le journal, rien que pour y figurer. En plus d’utiliser mes sources personnelles, je multiplie mes propres réseaux d’information; j’essaie d’être inventif et de garder l’esprit critique sur tel ou tel sujet. Autant d’attitudes qui permettent de limiter la publication des papiers de complaisance en mesure de discréditer le titre.

Cikuru Batumike

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