Enlèvements d’enfants en Côte d’Ivoire : entre rumeurs et sacrifices humains.

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On manipule avec des images venant d’ailleurs…

N.D.L.R. Relayée par les réseaux sociaux, la vague d’enlèvements suivis de meurtres et de mutilations d’enfants créé une psychose en Côte d’Ivoire, sans qu’on établisse de lien entre les différentes actions criminelles. La plupart des corps retrouvés « mutilés, avec la disparition de leurs parties génitales, ou décapités », fait croire à la résurgence de sacrifices humains. « C’est Dieu qui m’a demandé de faire cela. Dieu m’a dit de couper les têtes des enfants pour les lui porter et je serai élu le roi. Je lui ai dit que je ne voulais pas mais il a insisté », a expliqué à l’AFP Driss Coulibaly, un des agresseurs arrêtés, en janvier dernier, par la police criminelle. Dans ces actes inhumains, proches de la bestialité, la piste de « cybercriminels » et d’une « filière de crimes rituels » reste privilégiée. Certes, l’Etat ivoirien déploie d’énormes moyens en patrouilles de sécurité autour des zones à risque, comme les écoles ou les forêts pour mettre fin aux agissements de kidnappeurs et meurtriers d’enfants. Les forces de l’ordre interviennent par des interpellations d’individus fréquentant les cybercafés et rôdant autour des écoles ; l’urgence du traitement de dossiers d’enlèvement d’enfants signalés, dont la plupart ont été suivis de meurtres, parfois de mutilations. Mais, dans cette course contre la montre, les « fausses rumeurs » se taillent la part du lion et conduisent au lynchage des innocents, pour la plupart des « brouteurs », des délinquants spécialisés dans les escroqueries sur internet. Ceci rappelle les rumeurs les plus folles qui circulent dans ce pays d’Afrique de l’Ouest sur les disparitions de personnes, notamment les albinos, à des fins de sacrifices humains. Le point avec notre confrère FBI.

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Rapts d’enfants en Côte d’Ivoire, ce que vous ne savez pas !
Par Fofana Baba Idriss

Des érudits aux abrutis. Chacun y va de ses analyses et de ses commentaires sur le phénomène d’enlèvements d’enfants en Côte d’Ivoire. Sur les réseaux sociaux, certains n’hésitent pas à faire des propositions, même biscornues, pour contrer la nouvelle ancienne gangrène qui fait rage aux pays des Éléphants. De quoi s’agit-il ?

A la date du 30 janvier 2015, selon la police ivoirienne, en moins de deux mois, « 25 enfants ont été enlevés et tués dans le pays, dont cinq corps retrouvés mutilés ». A plus de 10.000 kilomètres de la Côte d’Ivoire, je me demandais bien ce qui se passe dans mon pays, quel est ce #BokoHaram qui menace ma Côte d’Ivoire ? Suivez mon regard…

Crime de sang !
Dans ma vadrouille sur facebook, où l’affaire défraie la chronique, me voilà sur une publication d’un patron de presse. Se prononçant sur le tristement célèbre phénomène d’enlèvements d’enfants, le directeur général de Fraternité Matin, Venance Konan, souligne en titre de son post : « sacrifices pour la fortune ». S’interrogeant de savoir « Pourquoi ces rapts et ces horribles meurtres ? », le Dg de ‘’Fratmat’’ répond en terme : « Parce qu’en cette année 2015, dans ce pays qui aspire à l’émergence économique, dans ce pays où le plus humble parmi les humbles dispose d’un téléphone portable, il existe encore des personnes qui sont convaincues que pour acquérir la fortune ou la puissance, il faut procéder à des sacrifices humains. On avait cru que ce genre de pratiques relevait d’un passé lointain, d’un temps que peu d’entre nous ont connu, celui où nous vivions dans l’obscurité et dans l’obscurantisme. L’obscurité a sans doute reculé dans nos villes et dans bon nombre de nos contrées, mais hélas pas encore l’obscurantisme avec tous ses ravages ». Tout comme le patron du journal gouvernemental ivoirien, Soumaïla Bakayoko, docteur en criminologie, qui s’est confié à « gbich.com » révèle que « les enfants sont les plus touchés par le phénomène, parce que c’est le corps sain, pur et innocent qui fait que toute pratique mystique a beaucoup de chance de réussir ». Ce criminologue croit savoir que l’une des raisons qui poussent des gens à enlever des enfants trouve son fondement dans des pratiques mystiques appelées crimes rituels ou rituels sacrificiels de certaines personnes dans le but d’avoir des pouvoirs, du matériel, du prestige. Des choses éphémères qui ne peuvent s’obtenir qu’à travers des organes d’homme et du sang humain.

L’arme des criminels !
Assurément, les criminels ont plusieurs cordes à leurs arcs pour arracher les enfants à l’affection de leur sien ? A en croire certaines informations publiées sur ‘’rfi.fr’’, « souvent, les kidnappeurs sont des proches, des domestiques. A Gagnoa, c’est une personne qui s’est fait passer pour un membre de la famille éloignée pour s’introduire dans la maison ». Et ce n’est pas tout. Sur les réseaux sociaux, il paraît que les criminels ont bien d’autres manières d’opérer : « Les voleurs d’enfants arrachent maintenant les enfants de force aux grandes personnes ; Ils se présentent dans les écoles, ce faisant passer pour des parents d’élèves préalablement ciblés. Ce, sur présentation de cartes d’accès falsifiées ; En l’absence des parents et des grandes personnes, ils sonnent aux portes, se faisant passer pour des visiteurs ou agents recenseurs, s’introduisent ainsi dans les domiciles pour enlever les enfants ».

Des indignations !
Des actes ignobles que Dominique Ouattara, la Première dame de Côte d’Ivoire, condamne avec la plus ferme énergie : « En l’espace de deux mois, une vingtaine d’enfants a été enlevée, mutilée et assassinée dans notre Pays. Des enfants qui pour la plupart jouaient près de chez eux, dans l’insouciance de leur bel âge. Des enfants qui se trouvaient sur le chemin de l’école à la poursuite de leur avenir ont été violement arrachés à l’affection de leur famille. Des actes ignobles que je condamne avec la plus ferme énergie ». Pour la first lady ivoirienne, qui combat le travail des enfants, « c’est une épreuve douloureuse et cruelle, qu’aucun parent ne devrait subir ». Tout en s’insurgeant contre ces enlèvements d’enfants dans son pays, « en tant que mère, grand-mère et Première Dame de Côte d’Ivoire », elle a appelé les autorités à mettre tout en œuvre afin que cela cessent, en faisant de ce phénomène « une priorité nationale ». « Je veux que cela cesse. Des mesures dissuasives vigoureuses doivent être prises sans attendre. J’en appelle à la réactivité et au pragmatisme de Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur ; de madame la Ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, ainsi que de tous leurs collègues, qui doivent faire de ce problème, une priorité nationale », interpelle-t-elle. Le parti au pouvoir ne dit pas le contraire. Le porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), demande « une réponse forte et énergique » de la part des autorités ivoiriennes. Ajoutant que « ces enlèvements qui ne sont ni plus ni moins que des actes d’assassinat sur des mineurs doivent trouver en face une réponse forte et énergique ». « Nous ne saurions tolérer, que ceux-là même qui constituent l’avenir de la Côte d’Ivoire soient l’objet de crimes crapuleux », poursuit l’ancien ministre ivoirien.

Des accusations !
Ces cris semblent avoir été entendus par les autorités ivoiriennes. 1500 hommes ont été déployés à Abidjan (1000 policiers, 300 gendarmes et 200 militaires), qui seraient dotés de moyens conséquents pour contrer le phénomène d’enlèvements d’enfants. Malgré tout, la psychose s’est emparée du pays. Des voix, notamment des pro-Gbagbo, incombent la responsabilité de ces enlèvements à l’actuel régime d’Abidjan. A cet effet, ils annoncent des « marches de protestations » et des « opérations de retrait d’enfants dans les écoles » en Côte d’Ivoire. Au dire Roger Odissan, « il a fallu qu’on arrive à 21 tueries pour que le gouvernement Ouattara réagisse ». Pour cet internaute, « le président de la République n’est pas monté au créneau pour situer la gravité de cette affaire». « Mais nous les parents dont les enfants sont en danger de mort, que devons-nous faire pour que l’opinion internationale se rendre compte de la gravité de ces crimes rituelles qui semblent être organisés par les tenants du pouvoir », accuse Roger Odisan sur facebook. Et de poursuivre : « Au vu de tout ce qui précède que devons-nous faire ? 1. Arrêter de faire partir nos enfants à l’école. Je crois que si nous prenons cette décision le gouvernement et l’opinion internationale prendront au sérieux cette affaire ; 2. Ne plus amener les coupables dans un commissariat, nous devons leur faire ce qu’ils ont fait subir à leur victime ; 3. Organiser des marches et faire des sit-in pour dénoncer ces tueries ; 4. Il faut dénoncer toutes les tueries sur les réseaux sociaux pour qu’on en fasse une large diffusion ».

Abondant dans le même sens, le « nébuleux » Boga Sako Gervais (c’est selon) qui a flirté avec l’ancien pouvoir, aujourd’hui président de la Fondation Ivoirienne pour les Droits de l’Homme et la vie politique (FIDHOP), annonce des jours sombres en Côte d’Ivoire. Exilé en Belgique, il dénonce « l’incapacité ou la complicité des autorités ivoirienne ». En plus, l’homme exige « la démission des Ministres de l’Intérieur et de la Famille, pour leur incapacité notoire à mettre fin au phénomène des enlèvements d’enfants en République de Côte d’Ivoire » et « invite les populations ivoiriennes à adhérer très massivement à la grande ‘’Opération de retrait de nos enfants des écoles’’, qui se déclenchera dans tout le pays, du lundi 2 au vendredi 6 février 2015, pour protéger nos enfants et protester contre l’inaction des gouvernants face à ce phénomène d’enlèvement des enfants». Quant à Keith Aboulaye, internaute pro-Ouattara, il accuse plutôt les parents, les forces de sécurité, les agents de mairie, les nounous et à la société civile qui ont brillé par leur silence depuis les premières heures. « La responsabilité incombe aux parents, aux forces de sécurité, aux agents de mairie, aux nounous et à la société civile qui depuis les premiers cris de cœurs, avaient laissé perdurer cette situation en fermant les yeux comme si de rien (…)», dénonce-t-il sur sa page facebook.

Les auteurs !
A la question de savoir quelles sont ces personnes, qui aspirent tant à la richesse, au pouvoir cette année 2015, en Côte d’Ivoire en sacrifiant les progénitures des autres ? Le Groupe des organisations féminines pour l’égalité homme-femme en Côte d’Ivoire (GOFEHF), argue que « ces pratiques sont des crimes, des rituels ordonnés par des prescripteurs jouant le rôle de médecins (mais qui en fait sont des marabouts, des féticheurs et autres mystiques) à leurs clients ici dénommés commanditaires ou malades en quête de pouvoir politique et de richesse à tout prix ». Pour sa part, la cellule de communication et d’information du Mouvement pour la promotion des Valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire (MVCI) essaye de lever le voile à son niveau. Dans une déclaration publiée sur des forums facebook le vendredi 30 janvier 2015, le MVCI titrait « Pouvoir du sang : mythe ou réalité ».
L’organisation politique rappel que pendant des années jadis, à la veille de certaines cérémonies rituelles traditionnelles ou électorales, des parents développaient déjà à cette époque, « la théorie de la vigilance autour des enfants. Laissant planer le spectre du trafic de sang humain ». Aujourd’hui, appuie le MVCI, « le phénomène semble avoir été amplifié avec l’avènement des cybercriminels, à la recherche d’un hypothétique bonheur à travers ce qu’ils appellent « ZAMOU », une pratique fétichiste macabre mise à nue au grand jour, grâce aux réseaux sociaux ».Cette assertion est en partie soutenue dans un article publié par (RFI) sur son site internet. « Avant d’être tués, les 20 enfants ont été mutilés. Leurs têtes ont été tranchées ou leurs parties génitales enlevées. Des pratiques qui rappellent la sorcellerie, notamment chez les brouteurs, les cybercriminels ». Aussitôt dit, on a assisté à la « fermeture de 550 cybercafés, à l’interpellation d’environ 1000 personnes et à l’arrestation de trois (3) suspects » par les autorités ivoiriennes. Cependant, des internautes s’attaquent à cette façon de mener la lutte anti-rapt. Dans un post facebook, Jean-Louis Gayandet martèle ceci : « Enlèvements et assassinats d’enfants, la gendarmerie ferme 150 cybercafés et met aux arrêts 94 personnes ! Vous voulez nous distraire ou bien ! Les brouteurs ont des tablettes et la connexion à la maison ». Selon lui, « ce ne sont pas les seuls brouteurs qui font ça ! ». Il demande plutôt d’explorer aussi « la piste des intouchables du pays ?».Dans la même veine, le MVCI pense que la cybercriminalité n’est rien d’autre qu’un effet collatéral de qui se passe en Côte d’Ivoire. D’ailleurs, ce mouvement politique déplore la stratégie de communication des autorités ivoiriennes au sujet des enlèvements. Car, selon cette structure, le gouvernement peine à rassurer le peuple, qui croit à tort ou à raison qu’au-delà des criminels brandis par la Police à la télé, ce cacheraient de gros « poissons ». « Hélas! Pur hasard ou simple coïncidence ? Comment comprendre que face à un tel drame, la Cybercriminalité, effet collatéral de certaines agressions et enlèvements d’enfants, la priorité de nos décideurs, au vu des enjeux sécuritaires, est d’engager des dépenses de prestiges en dotant la Police de deux engins volants. Comme si les défis sécuritaires actuels étaient aériens !».

Récupération politique!
De son côté, Djamana Tigui, refuse de croire que ces enlèvements sont le fait de cybercriminels ou d’hommes politiques à la recherche de gloire. Pour lui, c’est une ‘’organisation’’ mise en place, par des gens tapis dans l’ombre, pour affaiblir le régime Ouattara. C’est pourquoi, sur facebook, il n’hésite pas à lancer un ‘’appel cru’’ au Ministre de l’Intérieur et de la sécurité afin qu’il mette les cameras de surveillances à contribution: « Je ne crois plus seulement à ces cas seulement. Mais je crois en plus de ces cas qu’il y a une volonté quelque part de créer des psychoses un peu partout dans le pays. A quelles fins, je ne sais pas. Je crois seulement que les ennemies du pays ne sont pas forcément les seuls qui attaquent les frontières ou les bases des FRCI, il en existe à l’intérieur qui souhaitent quelque chose et cette chose passe par un maximum de psychose sur les populations. Il y a peu, c’était uniquement les enfants, mais depuis quelques jours, il y a le cas des femmes et peut être pour bientôt des vieillards, jeunes et adultes. Cher MEMIS Hamed Bakayoko, fais parler les caméras, car cette organisation est en train de nous affaiblir. C’est autre chose… STP ouvre encore plus les yeux, ils sont là et veulent tout gâter… ». Embouchant la même trompette, Cherif Mamadou imagine que c’est un « plan diabolique » des ennemis du pouvoir qui veulent reprendre le pouvoir. Il évoque même le fameux «l’article 125 » où des gens ont été brûlés par le feu sous l’ancien régime Gbagbo. « A l’effet de saboter le grand travail du PRADO (Président Alassane Ouattara) et surtout de troubler la quiétude des Ivoiriens en cette période d’année électorales des ‘’politichiens’’ ont surement planifié ces crimes. Ces opposants de l’émergence de notre pays, ont déjà prouvés leurs sadismes par les mutilations de nos soldats à la frontière Libérienne. Tuer ou enlever les enfants ne sont que des formalités pour des gens qui ont eu le plaisir diabolique d’utiliser l’article 125 contre des humains ».

Si la ministre de l’Education nationale n’abonde pas dans le sens de ses prédécesseurs, toutefois, elle affirme que le phénomène d’enlèvement d’enfants est une ‘’déclaration de guerre’’ : « Ils tuent, séquestrent, mutilent, enlèvent nos enfants, je considère cela comme une déclaration de guerre, les acteurs du système éducatif et moi, ne pouvons rester silencieux face à cette barbarie ». Pour l’Attaché de presse du Président de l’Assemblée nationale, « ce ne sont pas tous les sujets de sociétés qui doivent être sujets à récupération politique ». S’adressant aux « Politiciens de Facebook », le journaliste appelle à la solidarité : « Soyons au moins solidaires dans le malheur. Ne faisons pas de la récupération politique dans cette affaire d’enlèvements d’enfants. En France quand il y a eu l’affaire de ‎Charlie Hebdo‬ on a vu tous les leaders politiques réunis autour de François Hollande pour trouver des solutions et défendre la République ».

Manipulations et rumeurs !
Et pendant que la psychose s’empare du pays, les rumeurs et la manipulation gagne le cœur des ‘’sans cœur’’ sur les réseaux sociaux. Des crimes d’enfants commis dans certains pays comme le Ghana, le Gabon ou ailleurs sont brandis (à travers des images) comme ayant été perpétrés en Côte d’Ivoire. En témoigne le post d’Alfred Adou Konan : « Non à la manipulation. Plusieurs photos circulant actuellement sur les réseaux sociaux sont identifiées comme des crimes crapuleux à l’encontre d’enfants en Côte d’Ivoire. Bien que nous ne saurons nier l’existence de tels crimes, il convient de relever que ces photos proviennent de faits n’ayant pas eu lieu en Côte d’Ivoire. Les auteurs de la divulgation de ces photos ayant pour unique objectif de créer et d’entretenir la psychose au sein des populations et fragiliser l’action gouvernementale contre le phénomène d’enlèvements d’enfants », s’insurge l’internaute. Comme lui, le chef de l’Etat, de retour du 24e sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Ethiopie, le samedi 31 janvier 2015, a fermement condamné les enlèvements d’enfants. « C’est inacceptable, indigne de la Côte d’Ivoire, indigne du climat apaisé que nous voulons pour nos concitoyens dans notre beau pays ». Ensuite, le chef de l’Etat a déploré l’utilisation des réseaux sociaux par des personnes pour créer la psychose à travers les rumeurs et les fausses alertes : « Je retiens que c’est une situation qui a été volontairement amplifiée par les réseaux sociaux».

Mais le comble, aujourd’hui, c’est que d’innocentes personnes sont victimes de lynchage gratuite parce qu’ils ont voulu être généreux quelques part. Bill redoute que le problème se transforme en un règlement de compte entre des personnes qui se détestent. « Le phénomène d’enlèvement d’enfants dans notre pays est une réalité, mais si nous ne faisons pas attention, nous allons causer plus de problème avec les rumeurs surtout attention au règlement des comptes ». Notant que, selon un rapport de police, dans la journée du jeudi 29 janvier 2015, sur les six cas signalés, tout s’est avéré rumeur et mauvaise dénonciation. « Cela a causé l’arrêt des cours dans les écoles et des lynchages gratuits. Une fille a failli laisser sa vie à cause de son propre enfant. Un monsieur qui tentait de faire traverser des enfants sur une route dangereuse à leur demande a subi un traitement inhumain. Un homme pourchassé pour vol a été pris pour un enleveur… Faisons très attention pour ne pas tuer des innocents et laisser les vrais responsables », rapporte Bill sur un forum facebook.

De son côté, Sam Cooper, appel à la vigilance face à certaines pratiques visant à paralyser le pays. « La psychose s’est emparée de la ville, elle bouillonne en certains endroits car des officines obscures ont décidé d’injecter le venin de la rumeur dans la cité en vue de la paralyser. Comme une traînée de poudre, des écoles se vident par endroit non pas qu’il y ait une menace mais simplement parce que des individus à la petite cervelle et aux intentions lugubres voulant jouir des malheurs que vivent certaines familles ont donné dans l’intox. Ces pratiques on ne peut plus maléfiques, « vampiristes » et d’un autre âge s’inscrivent dans ce dessein de créer le chaos. Envoie d’Sms incitant à la chienlit, la toile mise à rude épreuve avec des images à vous couper le souffle et venant de d’autres cieux. Une panoplie d’informations fausses ». A en croire cet internaute, « les gens doivent rester vigilants et éviter de tomber dans un guet-apens. Car à trop tomber dans l’émotion on perd la raison ». C’est l’exemple du jeune frère du directeur de l’Institut national de formation sociale (INFS), Mamadou Traoré qui a été bastonné parce que pris pour un enleveur d’enfants. Dans une publication sur sa page facebook, il raconte sa « folle journée » à la rescousse de Traoré Aboubacar qui s’est finalement retrouvé sur un lit d’hôpital après son lynchage.

Mesures à prendre !
Face à la montée en puissance des lynchages d’innocents, des rapts d’enfants, certains ont décidé d’adopter des mesures par précaution. C’est le cas du Blogueur ivoirien Cyriac Gbogou. Sur sa page facebook, on peut lire : « Avec la psychose concernant les enlèvements de enfants qui gagne du terrain, voici les précautions que je vais prendre: -Évitez de me renseigner dans un quartier ; -Eviter de jouer avec les enfants de mon quartier ; -Eviter de me promener en 4×4. Car si quelqu’un n’aime pas ton crâne, il peut t’accuser « d’enlever les enfants » ». Qu’à cela ne tienne !

Le GOFEHF (groupe d’organisations féminines) propose plutôt des mesures au Gouvernement ivoirien pour mettre fin à la saignée. Dans une déclaration dont j’ai reçu copie le vendredi 30 janvier 2015, le GOFEHF demande, entre autre, de « mettre en place, de façon urgente et systématique un comité de crise au plan national ainsi que des sous-comités dans les communes d’Abidjan et à l’intérieur du pays » ; de procéder au « recensement des marabouts, féticheurs et autres mystiques, la réglementation et le contrôle de leurs activités » et souhaite « l’interdiction systématique et formelle des véhicules à vitres opaques et plaques banalisées ». L’application de ces mesures pourront-elles sonner la fin de ces crimes de sang en Côte d’Ivoire? En attendant, je dirai qu’on pouvait éviter tout ce qui se raconte, tout ce que vous venez de lire, si tout le monde avait pris l’affaire au sérieux. En Côte d’Ivoire, on a tendance à tout minimiser. Dans mon pays, « on ne bat pas le fer quand il est chaud ». On laisse faire. Et, après, « on se transforme en donneurs de leçon », « on joue les médecins après la mort », ou « on agite le chiffon rouge ». Et pour finir, « on est obligé d’appeler la Cour pénale internationale (CPI) » pour effrayer les tueurs. C’est dommage…
Du nanti au nécessiteux. Vous devez retenir cette citation d’Albert Einstein : « Le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire ». Dieu nous regarde !

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